Le stage

Forts de nos expériences respectives en tant que maitres de stages, nous avons souhaité écrire ce document afin d’aider les étudiants à organiser leur parcours de stagiaire, de la demande de stage à la réalisation de celui-ci. L’université n’offre pas ou peu de formation sur cette recherche bien spécifique : en prenant connaissance de ce qui suit, nous espérons que vous optimiserez vos chances de décrocher un stage. Nous espérons également que vous trouverez de quoi organiser au mieux votre formation pré-professionnelle, le stage étant l’unique garant des compétences dont vous disposerez, une fois en poste…

Le CV

Il existe de nombreux modèles disponibles sur Internet et sur lesquels vous pouvez vous appuyer pour le rédiger. Ne perdez pas de vue qu’il s’agit d’un document synthétique, donnant accès aux points essentiels de votre parcours.

Tout d’abord, une adresse email est indispensable, si vous n’en avez pas, créez en une ! Si c’est le cas, vérifiez qu’elle correspond bien à une adresse professionnelle, de type nom.prenom@mail.com (les adresses de type : ki_kou87M@mail.com sont à éviter…).

  • Le volet « formations » : inutile de retracer l’ensemble de votre parcours scolaire, votre formation universitaire sera amplement suffisante. Indiquez clairement les options que vous avez étudiées ainsi que vos éventuels travaux de recherche (TE-TER) et vos mentions, le cas échéant.
  • Le volet « expériences professionnelles » : avoir déjà travaillé peut souvent s’avérer un plus dans le cadre d’une demande, aussi n’hésitez pas à indiquer vos emplois, même sans rapport avec la psychologie, ainsi que les compétences que vous avez développées.
  • Le volet « stages » : précisez la période exacte, le nom de l’établissement et de l’encadrant. Pour chaque stage et, en quelques mots, indiquez la population rencontrée ainsi que les compétences acquises.

Ce dernier volet est particulièrement important, il fait état de votre investissement sur le plan pré professionnel et donne de précieuses informations au psychologue : où en êtes vous dans la maitrise des différents outils à disposition du clinicien, que vous reste t’il à développer, quels sont vos points forts et vos points faibles…

Vous avez tout à gagner à rédiger ce CV dans la même optique qu’un professionnel en recherche d’emploi : valorisez votre profil et démontrez que vous avez des choses à apporter à la structure et son équipe !

La lettre de motivation

Avant de vous lancer dans la rédaction de cette dernière, posez vous la question la plus importante : « pourquoi est-ce que je veux faire ce stage ? »

Sachez que la pire réponse que vous pouvez faire est de ce type « parce que l’université me demande de faire un stage » ou encore « parce que je dois faire un stage pour rentrer en L3/M1/M2 » !

Si vous avez surtout pensé à cet aspect en rédigeant votre lettre, un conseil : commencez d’abord par réfléchir aux raisons qui vous ont poussé à entreprendre ces études, à ce que vous souhaitez réellement faire dans un avenir proche. Ça n’est jamais du temps de perdu et il est fréquent de perdre de vue certains objectifs à l’université… Le fait est qu’intégrer un stage, rencontrer des patients, s’investir dans une pratique implique bien plus qu’un passage « obligé », à l’image d’une option supplémentaire dans son dossier universitaire, c’est un choix qui doit être assumé pour de vraies raisons.

Cette lettre de motivation doit donc laisser apparaître vos motivations personnelles mais pas seulement : il vous faut également expliquer en quoi ces motivations peuvent se concrétiser dans la structure que vous avez visé ! Vous l’aurez compris, un autre piège courant est de rédiger sa lettre sur un modèle « prêt à poster » à toutes les structures de votre région. Renseignez vous sur la structure, sur la population et les pratiques et expliquez en quoi ce contexte ci est exactement celui qui correspond à vos attentes… En procédant ainsi, vous gagnerez en crédibilité et augmenterez vos chances de décrocher le stage voulu.

N’hésitez pas à reprendre certains éléments de votre CV et en particulier vos compétences actuelles : qu’avez vous à apporter à la structure, que souhaitez vous développer durant le stage. Voyez loin, que ferez vous après celui-ci par exemple ? à vous de donner de la lisibilité à votre parcours, rendez le cohérent en expliquant ce que vous souhaitez après celui-ci !

Vous avez décroché un stage ? toutes nos félicitations !

Dans un premier temps, il vous est tout à fait possible de solliciter votre maître de stage pour un rendez vous de mise au point avant le jour J. Il sera toujours temps, à ce moment là, de faire le tour de questions comme ses jours de présence sur le service, ses heures de travail, le tout dans l’idée de vous assurer que le volume horaire fixé sera atteint !

N’hésitez pas à réfléchir, avant de commencer, à vos objectifs de stage et à en parler. Vous avez le droit (voire le devoir) d’avoir des souhaits, par exemple : assister ou participer en tant qu’acteur principal à : des réunions de synthèses avec l’équipe, la sélection, passation des tests, la rédaction de compte-rendu, la mise en place d’un groupe de rééducation, ou rééducation individuelle… Vous devriez demander au maître de stage si votre stage vous permettra de répondre à vos objectifs ainsi listés et, pourquoi pas, vous engager auprès de lui sur un document signé retraçant le projet de stage.

Certaines qualités sont réellement payantes lors d’un stage :

Soyez curieux : prenez de l’avance en demandant à votre maitre de stage des références d’ouvrages en lien avec votre future pratique. Une fois sur place, soulevez tous les points qui vous semblent obscurs, munissez vous d’un carnet afin de prendre des notes et surtout : approfondissez tout cela le soir venu ! Le stage offre de multiples pistes de travail sans toutefois permettre d’approfondir chaque aspect… C’est à vous d’effectuer ce travail, seule véritable garantie d’un stage de qualité.

Soyez professionnel : qu’il s’agisse de la ponctualité, de la qualité de l’orthographe, des rapports avec les autres membres de l’équipe ainsi que les patients, il y a là un véritable apprentissage à mettre en place. Votre crédibilité en tant que stagiaire et futur professionnel se jouera en bonne partie sur ces éléments, n’en doutez pas !

Ayez le sens de l’initiative : cette qualité vous sera d’une grande aide lors de votre insertion professionnelle. Demandez vous ce que vous pourriez faire de plus dans la consultation, quels exercices vous pourriez mettre en place pour tel ou tel patient, soyez force de proposition en travaillant sur des projets comme un atelier de stimulation, la rédaction d’un document destiné aux patients, aux familles, etc. Tous ces éléments seront autant d’arguments par la suite pour votre recherche d’emploi ! élargissez un maximum vos compétences…

Lors de votre stage, ne perdez pas de vue que vous serez bientôt psychologue : récoltez et organisez votre matériel d’évaluation et de rééducation. Une fois vos stages terminés, il sera beaucoup plus compliqué pour vous de le faire…

N’hésitez pas à réclamer des évaluations de stage à mi parcours : ce n’est pas toujours agréable d’être soumis à l’évaluation mais cela permet souvent de refaire le point sur le plan de formation, ce qui a été acquis et ce qu’il reste à maîtriser.

Apprenez à gérer votre temps : réaliser un stage en plus d’un master et d’un mémoire de recherche est quelque chose qui se rapproche du marathon ! Cela demande une sérieuse dose d’énergie et de motivation : vos soirées et week-ends vont être mis à contribution…. Si ce n’est pas le cas, il y a certainement un problème !

Notez que ce qui vaut pour un stage le vaut pour deux : même si les contraintes semblent plus nombreuses, nous ne pouvons que vous conseillez d’effectuer plusieurs stages, les plus divers possibles. Vos expériences professionnelles seront vos seules cartes de visite, aucun diplôme n’étant à l’heure actuelle plus prestigieux qu’un autre ! Avoir une formation en gériatrie, en rééducation, auprès des enfants tout autant qu’en psychiatrie seront de précieux atouts pour la suite.

 

Auteurs

Ce document a été rédigé par les psychologues suivants : A. Belmont, C. Bertola, D. Cazin, S.Chicherie-Mauries, K.Nouaille, F. Radiguer, E.Sidney